Je gère mes émotions

Savez-vous que les émotions ont une fonction, qu'elles servent à quelque chose ?


Qu'elles soient agréables ou désagréables, elles sont des moteurs de vie dont on peut tirer parti positivement.

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Je préfère parler d'émotions agréables ou désagréables plutôt que d'émotions positives ou négatives car on pourrait bien décider de penser que toutes nos émotions sont “positives” en quelque chose...

Qu'est-ce qu'une émotion ?

Avant de vous en dire plus, je vous propose de considérer ce qu'est une émotion... et ce que cela n'est pas.
Une émotion est un état interne qui se manifeste par des réactions physiologiques et des ressentis subjectifs, agréables ou désagréables qui peuvent être observée par exemple par un sourire, un rictus, un cri, une couleur de la peau…

Il existe 6 émotions primaires : la joie, la peur, la tristesse, la colère, le dégoût et la surprise.


Il existe des myriades d'émotions secondaires, qui sont en fait la combinaisons de plusieurs émotions primaires.
Par exemple la honte qui est un mélange de peur et de colère ou encore la jalousie peut mixer colère, tristesse, frustration, dégoût…
 
Une émotion dure quelques instants (quelques secondes au maximum).


Si on prend prend conscience d'une émotion, elle se transforme en sentiment
Un sentiment possède un état énergétique plus faible qu'une émotion et dure, lui, de quelques instants à quelques dizaines de minutes.


Ensuite, si l'on ressasse un sentiment (plus ou moins consciemment), alors il se transforme en humeur. Là, nos croyances cherchent à contrôler notre état émotionnel. 
Une croyance est une processus mental qui modifie notre perception de la réalité dans la durée.
L'humeur tend à nous couper de l’émotion. 
Une humeur peut durer de quelques dizaines de minutes à quelques jours.

Si nous ressentons des émotions, c'est pour nous adapter, nous mouvoir, voire survivre.

Car oui, une émotions à une fonction !
Chaque émotion engendre une réaction corporelle qui va nous permettre de mobiliser nos ressources pour agir selon les événements.

On pourrait ainsi dire qu'une émotion nous dit quelque chose, qu'elle nous donne une sorte de feed-back.
Et ce feed-back est une information qui va nous permettre de nous mettre en mouvement.
 

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Voici des exemples :

  • Si j'ai peur (émotion), c'est peut-être par ce qu'il y a un danger (feed-back) et donc il est important que je me protège (mouvement).

  • Si je suis en colère (émotion), c'est qu'il y a un obstacle (feed-back), je vais donc devoir apporter un changement (mouvement).

  • Si je suis triste (émotion), c'est parce que j'ai perdu quelque chose ou quelqu'un (feed-back), je peux me mettre en quête de réconfort (mouvement).

  • Si j'ai honte (émotion), c'est peut-être parce que j'ai fait une erreur sociale (feed-back), je vais donc éviter de répéter ce comportement (mouvement).

Cela est vrai également pour les émotions "agréables" :

  • Si je suis en joie (émotion), c'est peut-être parce que j'ai réussi quelque chose (feed-back), je peux donc, par exemple, essayer de partager cette joie (mouvement).

Gérer une émotion désagréable, c'est se demander ce que dit l’émotion et voir comment la transformer en un mouvement positif pour soi. 

 

C'est, tel un explorateur, chercher à en savoir plus et, en quelque sorte, prendre en charge cette émotion. 
 

Alors, concrètement, comment gérer une émotion ?

 

5 étapes pour gérer une émotion désagréable

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La première chose à faire est de l'accueillir. 
Accueillir veut dire que l'on prend conscience qu'il se passe quelque chose en soi. Quelque chose qui est plutôt désagréable en l'occurrence (on est d'accord... pour les émotions agréables, on prend, on garde !). 
Cette étape consiste simplement à se dire qu'il se passe quelque chose et qu'on l'accepte.
"C'est ok”.

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L'objet ici est de mettre des mots sur ce qui se passe en soi.
Le fait de nommer son ressenti permet de le circonscrire, de relativiser, ce qui a pour conséquence de diminuer l'intensité de l'émotion.
Qu’est-ce que je ressens ? Comment est-ce que je le vis ? 
Décrivez précisément ce qui se passe dans votre tête, dans votre corps.


Par exemple : 

Cela bouillonne en moi.

Je sens mes joues devenir chaudes et rouges.

Cela me serre dans la poitrine.

 

Constatez comment le ressenti est localisé à un endroit de votre corps.
Rendez-vous compte que vous êtes bien plus que cela !

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Le simple fait de nommer l’émotion permet de mieux l'accepter.



Par exemple : 

Cela bouillonne en moi, je ressens de la colère. Mon émotion est la colère.

Je sens mes joues devenir chaudes et rouges, je ressens de la honte. Mon émotion est la honte.

Cela me serre dans la poitrine, je me sens triste. Mon émotion est la tristesse.

 

Voici des exemples d'émotions agréables : amitié, anticipation, amour, compassion, confiance, euphorie, excitation, extase, fierté, gaieté, humour, intérêt, joie, optimisme, satisfaction, surprise…

 

Voici des exemples d'émotions désagréables : accablement, agitation, amertume, appréhension, colère, culpabilité, découragement, dégoût, détresse, effroi, ennui, égarement, étonnement, frustration, honte, irritation, jalousie, nervosité, panique, pitié, rage, rancune, remord, tristesse…

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On est au coeur du processus.
Cette étape permet de comprendre la fonction de l'émotion.
Demandez-vous ce que cette émotion vous dit. Ce qu'elle vous dit de vous, ce qu'elle vous dit de la situation.
Quelle est son intention positive ? Quel est son apport pour vous ? Que veut vous dire votre inconscient ?



Par exemple : 

Cette colère me dit que je ne me sens pas respecté.e.

Cette honte me dit que je n'ai pas su me présenter comme je l'aurais aimé à mon interlocuteur.

Cette tristesse me dit que j'ai besoin de réconfort.

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L'objectif de cette étape est de préparer l'action, le mouvement. 
Demandez-vous ce que vous pouvez faire de ce que vous avez compris de cette émotion.
Qu’est-ce qui pourrait m’aider à traverser cela ? 
Comment pourrais-je m’aider ?



Par exemple : 

Désormais je parlerai plus de mes besoins.

Je vais préparer ma présentation et je vais l'apprendre par coeur.

Je vais demander à tel ami de prendre prendre un verre. 

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Souvenez-vous que c’est parfois ce qu’on pense de l’émotion qui pose un souci et non l’émotion elle-même !

On peut avoir peur d'avoir peur par exemple. Ou on peut avoir honte d'avoir peur. Ou peur d'avoir honte !

Rappelez-vous aussi que certaines croyances ne sont que des croyances.
Parmi les plus répandues : “Un garçon, ça ne pleure pas”. (Ah bon un garçon cela ne doit pas pleurer ? Et qui a dit cela ?…).

Vous pouvez aussi formuler différemment la présence d'une émotion quand elle ne vous plait pas.

Par exemple : Je ne suis pas triste. C'est juste que la tristesse a pris la plus grande place dans mes émotions 
Ou : Je n'ai pas peur. La peur est juste en train d'accaparer mon esprit en ce moment.

En conclusion, nous pouvons dire qu'une émotion est appropriée et positive quand elle est exprimée de façon adéquate et que l'on gère l’action correspondante pour la libérer.

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Je vous propose comme exercice de repérer une ou 2 émotions désagréables que vous avez ressenties par le passé et de vous demander 
- Quel est le nom de cette émotion ?
- Où se trouvait-elle dans mon corps ?
- Que voulait-elle me dire ?
- Qu'est-ce que j'en ai fait ?
- Qu'est-ce que j'aurais pu en faire d'autre ?

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Je vous souhaite plein de superbes émotions agréables !